Aujourd'hui, l'intervention sociale recouvre un ensemble d'activités professionnelles plus vastes que la seule mise en oeuvre des politiques sociales. Elle est aux prises avec l'accélération des transformations sociales, l'impact de la territorialisation et se doit de proposer des adaptations, des évolutions, et faire preuve d'innovation dans les projets au service des publics concernés. Dans ce contexte, les organisations sociales et médico-sociales tendent à muter : diversification ou regroupement d'activités, politique de décloisonnement interne et de transversalité des professionnalités, recours à la contractualisation ou au partenariat se développent, dans une dynamique parfois complexe à mettre en oeuvre.
La conjugaison de ces problématiques nouvelles, et notamment la question du territoire, entraînent des besoins en compétences accrus pour des profils de cadres managers, et de cadres développeurs. A travers le changement de paradigme entre une approche centrée sur une population (Rmiste, handicapé, chômeur) et une approche centrée sur un territoire, ce qui est désormais de mise, c'est tout le rapport à l'environnement qui est modifié. Il génère une approche situationnelle du contexte, où l'interaction entre l'individu, une activité et un environnement rend sensible à une "écologie humaine".
La prise en compte de ce bouleversement suppose une ingénierie sociale capable de piloter des systèmes ouverts et complexes au sein d'un environnement diffus et évolutif, sans perdre sa dimension humanisante.
La formation préparatoire au DEIS a pour objectif de former des cadres de haut niveau dans le secteur social : des cadres experts en ingénierie sociale et des cadres développeurs à dimension internationale.
Les titulaires du diplôme d'Etat d'ingénierie sociale ancrent principalement leurs compétences dans les registres du cadre développeur, ils sont aussi compétents dans le domaine de la mobilisation des ressources humaines. Ils sont tout d'abord des experts des politiques sociales, de l'action sociale et médico-sociale. Ils sont donc en mesure d'exploiter les références professionnelles et les connaissances pluridisciplinaires acquises, de tenir compte des différentes politiques publiques pour analyser et problématiser des questions sociales, d'interroger les politiques et les actions, de proposer et conduire des programmes ou des projets complexes. Ces compétences sont également transférables dans le champ de la formation.
Les interventions de ces professionnels reposent sur trois domaines de compétences : la production de connaissances, la conception et la conduite d'actions, la communication et les ressources humaines.
Leurs compétences les appellent à occuper des fonctions dont l'agencement dépend des organisations qui les emploient mais qui s'articulent autour de : l'expertise et du conseil, la conception et le développement, l'évaluation. Ces fonctions et les compétences associées ont pour caractéristique de s'appuyer sur des démarches de coproduction, à l'interne et à l'externe des organisations. Elles contribuent en conséquence à l'articulation et à la mise en cohérence des objectifs, des missions et des moyens de l'action sociale à travers ses politiques et ses interventions. A l'intersection des domaines politiques et techniques, elles permettent d'éclairer la compréhension des enjeux propres à chacun d'eux et de favoriser leur rapprochement. |