La problématique du "projet" ne cesse d'essaimer dans le travail social : les différentes lois et leur cortège de dispositifs qui encadrent les missions et déterminent les interventions, incluent de manière systématique la notion de projet :
- le projet d'insertion (dispositif RMI/RMA)
- le projet de vie (dispositif APA)
- le projet d'établissement et de service (loi du 2 janvier 2002, rénovant l'action sociale et médico-sociale)-
- le projet de la personne handicapée (loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées...
Si la prégnance du projet tend à renforcer les droits des usagers et à reconnaître aux personnes vulnérables, une place d'acteur à part entière, pour autant, l'obligation d'avoir un projet, pour accéder à une place en centre d'hébergement ou encore, pour maintenir un droit ouvert à une prestation, peut aussi faire violence aux personnes ciblées par ces dispositifs. En effet, lorsque la personne ne sait pas où dormir le lendemain, ni comment elle pourra nourrir sa famille, il semble bien difficile de se projeter...
Dés lors, qu'est-ce qu'un projet ? A quoi et à qui sert le projet ? Quelles sont les conditions nécessaires à son élaboration et quelles sont les compétences à mettre au service de celui-ci ? Autant de questions sur lesquelles les professionnels du travail social ne manquent pas de s'interroger.
Aussi, que l'on soit intervenant d'un service d'aide à domicile, dont la mission est d'accompagner la personne aidée dans son quotidien, ou cadre chargé d'élaborer le projet éducatif du service dans une maison d'enfants à caractère social, ou encore assistant de service social impliqué dans un projet de développement de territoire...la notion de projet ne prend pas le même sens. En effet, l'approche par " projet " recouvre des enjeux divers et une posture particulière.
Les défis qui s'imposent aux professionnels de l'action sociale et médico-sociale aujourd'hui sont notamment, de mettre en œuvre des projets adaptés aux territoires, aux partenariats locaux, visant l'implication et la participation citoyenne des usagers. Il s'agit de se positionner en qualité d'acteur de changement et de mettre en œuvre l'effectivité du lien entre l'intervention sociale d'aide à la personne et l'intervention sociale d'intérêt collectif.
Ainsi, la démarche d'évaluation est-elle prépondérante pour respecter l'adéquation des résultats avec les objectifs définis, pour reconnaître la pertinence des actions et promouvoir l'implication et les acquisitions de chacun.
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